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Libération (10 janvier 1991) | TETES RAIDES : Mange tes morts ; Justine-FNAC Music | ||
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Compact, numéro 60 (janvier 1991) | TETES RAIDES : Mange tes morts |
TETES RAIDES : Mange tes morts ; Justine-FNAC Music |
Dès les premières notes, c'est patent : que de progrès depuis Bourges il y a deux ans et leur 25 centimètres autoproduit ! Nos T.R. se sont installées dans cette vague néo-franchouillarde qui, en dansant la gigue électrique sur les ponts des musiques du temps passé et d'ailleurs, peut déburockratiser la musique hexagonale. Fi du carré infernal guitare électrique-basse-batterie-clavier. Dès le premier morceau : lancé a cappella puis accordéon, puis électrique, batterie. Ici, le rock s'est croisé avec la voix de Céline chantant... L'accordéon révèle ce qu'il peut y avoir de sabots et galoches en ribote dans le rock, et jusqu'au punk. A côté de post-punkeries convenues, une rencontre (si c'est une coïncidence, elle est de taille) avec la Rue de la joie de Damia. Même départ Dans les bas quartiers de la ville, même thème : "Je me vends aux rombières / Car c'est tout ce que je sais faire". Ca prend par tous les sens en partant par tous les sens : du rock à la polka balkanique clarinettée, teinté de soul-trompineuse. Ils n'ont pas mis les textes avec la pochette, et comptent les sortir à part, édition fignolée, etc. : le péché mignon des Têtes Raides c'est l'arty-farty (les esthètes raides ?), si le chanteur éructe clair, c'est du sport tout de même que de noter au vol. Disons que ça délire sec, et dégueule itou, "J'me pisse dessus et j'pue / J'me gerbe dessus et j'pue". Il y a des comptines au nonsense criard, d'autres nettement plus "sensées". "Les poètes, ça existe encore / Quand on construit les prisons / Comme on en a toujours en tête / Madame n'aime pas qu'on joue de la trompette / Alors on construit des prisons / Il faut bien punir les assassins / Alors on construit des prisons" : logique imparable. Certes, à la longue, la rage tachycarde peut lasser, révolte et mal de vivre à tant s'exhiber s'émoussent. Mais nos Têtes Raides, leur musique, leur chanteur (si seulement il s'asseyait un peu sur sa pudeur et modulait au lieu de faire les adjudants libertaires, et répudiait sa littérature pour nous écrire des chansons) ont quelque chose d'unique, comme un curieux symptôme. |
Compact, numéro 60 (janvier 1991) TETES RAIDES : Mange tes morts |
Après un premier disque, sorti sous pochette de carton fort, revoici les Têtes Raides en compact stéréo, pour une autre dose de rock démantibulé. Ce n'est peut-être pas du rock, si ce n'est une musique qui a à voir avec les Négresses Vertes et Pigalle ; avec une inspiration trouvée dans le désordre de la chanson réaliste française, aussi bien chez Carco que chez Brel ; tout comme chez Marguerite Duras, Tom Waits ou Kurt Weill. Avec de telles préférences littéraires, on serait faussement tenté de les prendre pour des Pogues français, là où Soldat Louis a beaucoup de succès sans aucun talent. On se tromperait encore, car finalement leur faisceau d'influences croisées les amènent sur un terrain où ils sont seuls et règnent, impériaux. Les Têtes Raides sont ce qui est arrivé de mieux au rock français depuis très longtemps. Ils vont plus loin que la révolte des Garçons Bouchers, plus finement que les Négresses Vertes. Avec des instruments disparates comme un trombone, un accordéon, un washboard, des guitares, une basse, une batterie et un saxophone, ils se payent le luxe de faire la chanson rock des années 90. Ils ont trouvé une recette qu'Higelin a perdu, dont Ferré ne se sort plus et qu'ils manient avec la force de l'invention, la justesse du propos et une très saine violence. Entrer dans leur univers, c'est comme se promener de nuit dans un port à la lumière blafarde d'un révèrbère clignotant, une putain en perspective, un air de java en tête, sans savoir qu'un surineur planqué derrière un container risque de vous saigner si vous passez trop près de lui... Jean-Pierre Simard Technique : sonorités relativement présentes. L'ensemble est efficace. Les moyens semblent limités mais la réalisation est correcte. 17 plages. |
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